Interview : Les problématiques RH du secteur Médico-Social avec l'Association AREAMS

Interview : Les problématiques RH du secteur Médico-Social avec l'Association AREAMS

1 juil. 2019

Afin de mieux comprendre les problématiques que rencontrent actuellement les professionnels du secteur médico-social, ADEIS-RH a choisi de donner la parole à un professionnel de ce domaine d’activité.

 

ADEIS RH a récemment interviewé Philippe GILBERT Directeur des Ressources Humaines à l’AREAMS.

Cette association vendéenne évolue dans le secteur médico-social et social. Elle accompagne et prend en charge les personnes handicapées et/ou en difficultés sociales. Découvrez l’échange :


Bonjour M. Gilbert, en tant que professionnel du recrutement dans le domaine d’activité du médico-social, pouvez-vous nous expliquer :

 

Quelles sont les problématiques que rencontre actuellement votre secteur en termes de recrutement ? 

 

Il est difficile aujourd’hui pour les associations telles que la nôtre de recruter des professionnels spécialistes ou généralistes du paramédical et du médical (médecins, orthophonistes, etc.). La convention collective de l’association ne nous permet pas de les rémunérer autant qu’ils le seraient dans un cabinet. Ils sont en effet rémunérés à la même hauteur que le serait un employé qualifié. Nous sommes donc toujours hors-jeu lorsqu’il s’agit d’attirer ces professionnels. C’est notre principale difficulté, mais c’est conventionnel et la convention collective l’a bien identifié. Je ne vais pas dire qu’on « se pique » les uns les autres nos professionnels mais ça revient à ça. Je parlais tout à l’heure des médecins et orthophonistes mais c’est encore plus le cas pour les kinésithérapeutes. C’est une véritable catastrophe. Nous ne sommes pas du tout attractifs pour les kinés libéraux, ça tourne beaucoup et ceux qui souhaitent être dans le médico-social sont assez rares. Lorsque c’est le cas c’est uniquement par vocation.


Heureusement mis à part cela, nous n’avons pas d’autres grandes difficultés. Nous sommes une association d’une certaine taille, cela nous permet donc d’être structurés en fonctions spécialisées ou support. Nous sommes donc plutôt attractifs par rapport à une association qui serait petite et donc assez peu structurée. C’est plutôt un avantage de taille. Mais notre taille est une bonne taille, si nous étions amenés à avoir une taille plus importante, nous aurions d’autres problématiques, des problématiues de riches.


Mais justement puisqu’on parle d’argent nous rencontrons une problématique liée au financement. Il y a eu entre les années 2000 et 2010, des changements concernant le système de financement et notamment avec nos financeurs. Nous sommes passés d’un système où les associations contactaient les financeurs lorsqu’elles avaient des besoins et ceux-ci acceptaient ou refusaient la demande de fonds ; à un système fonctionnant désormais par un appel à projet. Avec cette nouvelle organisation, les projets de plusieurs associations sont mis en concurrence par un financeur qui décidera suite à la présentation du dossier lequel il acceptera de financer. En étant plus structuré, il est plus simple pour une association d’effectuer ce type d’appel, car elle a les capacités de disposer en interne de personnes spécialistes en la structuration d’appel à projets.

 

C’est ce qui a favorisé le regroupement d’associations également ?

 

Oui exactement. Ça oblige beaucoup d’entreprises, d’associations de petites tailles du secteur à se regrouper pour être plus forts. Mais tout dépend aussi des financeurs avec lesquels on travaille. Avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) les budgets sont plus globaux donc on a davantage de marge de manœuvre. Par contre lorsque l’on travaille avec le conseil départemental, c’est différent. Ils sont davantage en difficultés puisque de nombreuses charges leur ont été transférées par l’Etat. Ce qui se répercute sur nous. Il est donc difficile de pouvoir embaucher des personnes sachant que nous n’avons pas de financement pour les rémunérer. 

 

D’accord, pourquoi avoir fait appel à un cabinet de recrutement tel que ADEIS RH ?

 

Je suis une personne qui apprécie la rencontre, c’est-à-dire pouvoir rencontrer un cabinet dans lequel je vous vais pouvoir avoir confiance parce que ses consultants partagent la même idée que moi du recrutement. C’est ce qui fait que l’on a choisi de confier certains recrutements à l’externe alors que lorsque je suis arrivé tous les recrutements se faisaient uniquement en interne. Parce qu’il faut savoir que pour le faire, on est obligé de demander à chaque fois une autorisation de dépenses supplémentaires auprès de notre financeur.


Ce qui est important pour moi c’est de faire une belle rencontre. Si je ne sens pas le cabinet ou le consultant je ne travaillerai pas avec.


Lorsqu’un cabinet porte les mêmes valeurs, je le suis et il n’y a pas de raison que j’aille en solliciter d’autres. Au contraire, en travaillant davantage ensemble, on se connait davantage et il est plus simple pour le cabinet de répondre à nos besoins.
La première fois que nous avons travaillé avec ADEIS RH, nous étions sur un recrutement stratégique, celui du Directeur Général. Nous nous sommes d’ailleurs dit, si cela se passe bien pour le Directeur Général il n’y a pas de raison que cela ne se passe pas bien avec ses collaborateurs. Nous avons donc décidé avec le conseil d’administration que pour tous les postes de direction (directeur et ses N-1) nous passerions désormais par un cabinet.

 

Vous en faites encore un certain nombre, vous faites toutes les fonctions ? 

 

Je ne m’occupe que des recrutements de responsables hiérarchiques. Tous les autres, professionnels non-cadres, cadres mais cadres techniques, par exemple un psychologue, ces recrutements sont délégués aux directeurs de pôles. Je peux tout de même intervenir à leurs demandes, s’ils ont besoin d’un avis ou d’un tiers. S’ils ont un doute, j’interviens souvent sur la fin du recrutement, dans le choix final. 

 

Qu’avez-vous pensé de notre réactivité, du déroulé du processus de recrutement ? Est-ce que c’est l’idée que vous vous en faisiez avant de faire appel à nous ? 

 

Oui parce que la vision que vous avez dans votre processus de recrutement, dans votre façon de faire m’a fait dire on peut travailler avec ce cabinet. Je sens que leur process est en conformité avec ce que j’ai envie de mettre en place et ce qu’on a comme valeurs. Concernant le déroulé et bien cela s’est déroulé comme on le pensait.


Merci M. Gilbert

NEWSLETTER

Restez informé des actualités du cabinet de recrutement