Les impacts du Brexit sur le transport et la logistique

13 mai 2019

Le 12 Avril dernier, Theresa May et les pays membres de l’Union européenne devaient statuer sur la sortie avec ou sans accord du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Il a finalement été décidé de reporter cette décision à l’automne 2019.

 

Brexit : état des lieux

 

Les 27 pays membres de l’Union européenne ont décidé le 10 Avril 2019, de laisser à Theresa May jusqu’au 31 Octobre 2019, pour adopter un accord de divorce. L’objectif étant de repousser à tout prix l’éventualité d’un « no deal », c’est-à-dire d’une sortie sans accord du Royaume-Uni. 

 

Brexit : les conséquences d’un no deal

 

Imaginons que nos voisins anglais sortent de l’Union européenne sans avoir trouvé d’accord politique mais surtout commercial, les barrières douanières entre les deux seraient réinstallées.

L’import et l’export de produits seraient alors rendus plus complexes et plus couteux. Les tarifs douaniers « nation la plus favorisée »  seraient appliqués comme c’est le cas avec la Chine ou les Etats-Unis par exemple (pays avec lesquels l’UE n’a pas signé d’accord commercial). Cette clause prévoit notamment que l’Etat signataire s’engage à ne pas imposer à un autre état des tarifs douaniers plus élevés sur la gamme de produits concernés. 

Même si cette clause permettait, dans l’hypothèse d’un « no deal », que les droits de douane ne s’envolent pas, leurs réinstaurations impacteraient tout de même négativement le commerce entre l’UE (https://europa.eu/european-union/index_fr) et le Royaume-Uni.

 

Les conséquences pour le commerce avec la France

 

Il faut savoir que la France et le Royaume-Uni commercent beaucoup ensemble. Le Royaume-Uni fait partie des 6 premiers partenaires commerciaux de la France et c’est l’un des derniers pays avec lequel notre balance commerciale est positive.

L’excédent commercial réalisé par la France s’élève à 11 milliards d’euros en 2018. Nos voisins d’outre-manche importent en effet de nombreux produits français. Ces produits sont principalement issus de l’agriculture, des vins et spiritueux, de l’automobile, des produits pharmaceutiques, mais aussi des produits chimiques et textiles. Tous ces secteurs, fleurons de l’économie française, risquent donc d’être impactés en cas d’absence d’accord commercial avec le Royaume-Uni. Les exports à destination de l’Angleterre, ou ses états voisins, devraient donc diminuer ; les produits anglais, gallois, écossais ou irlandais du Nord devenant, à cause de surcouts douaniers moins compétitifs que ceux des autres pays membres de l’Union européenne.

Des problématiques de production, de marché mais également de logistique et transport risquent donc de se poser aux entreprises. Certains grands groupes automobiles ont d’ailleurs déjà prévu le rapatriement de leur usine de production sur le sol français ou européen. 

 

Le transport entre l’UE et le Royaume-Uni

 

L’Union européenne et le Royaume-Uni sont très liés commercialement. Beaucoup de transports de marchandises sont effectués entre les deux. La France est notamment la première porte d’entrée des anglais sur le territoire continental de l’UE. Transport ferroviaire, routier, maritime ou encore aérien : tous devraient être impactés par l’absence d’accord pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE.


Les possibles conséquences du Brexit sur le Transport et la Logistique

 

Le Transport routier de marchandises

 

Il faut savoir qu’en étant actuellement membre de l’Union européenne, les transporteurs routiers britanniques peuvent circuler librement au sein de l’UE. Ils sont également soumis au règlement européen concernant le transport routier de marchandises. En choisissant de sortir sans accord, ce règlement ne serait plus valable et les licences communautaires délivrées par le Royaume-Uni aux transporteurs caduques, et inversement.

Les transporteurs britanniques comme ceux des Etats membres seraient alors pénalisés et dans l’impossibilité d’accéder à l’autre marché. La base juridique et légale entre le Royaume-Uni et l’UE serait alors presque nulle. Seule la CEMT (Conférence européenne des ministres des transport) perdurerait. Elle permet aux transporteurs routiers, qui en ont fait la demande pour un véhicule, de pouvoir traverser trois pays au cours d’un même transport sans avoir à revenir au pays d’immatriculation. Cet accord n’est valable qu’entre les pays signataires (dont le Royaume-Uni et tous les états de l’Union européenne). Mais cet accord est régulé chaque année par un nombre de contingents par pays. Celui de 2019 étant déjà fixé, il ne pourra pas être réévalué.


Afin de faire face à cette situation dommageable pour la connexion commerciale et logistique entre le Royaume-Uni et l’UE, le Parlement européen et la Commission européenne se sont accordés sur la mise en place de mesures. Celles-ci prévoient entre autres d’assurer la continuité des conditions de concurrence équitables entres les transporteurs ; et que le Royaume-Uni s’engage à garder sur son territoire les mêmes normes que l’UE sur des questions d’interdiction de subventions publiques injustifiées, de protection des travailleurs et de niveau élevé de sécurité routière. Ce règlement autorise également les transports routiers internationaux de marchandises, réalisés entre le Royaume-Uni et l’Union européenne par des entreprises britanniques titulaires de licences. Il permet également aux transporteurs britanniques disposant des licences nécessaires, d’effectuer au maximum deux opérations de cabotages en 7 jours, durant les 4 mois suivant la sortie.

Le texte prévoit d’autre part que la Commission européenne soit habilitée à surveiller la bonne application de ces mesures et à en prendre de nouvelles en cas de non-respect. Parues au Journal officiel de l’Union européenne le 27 Mars 2019, il était prévu que ces mesures soient temporairement applicables à compter du lendemain de la date de sortie du Royaume-Uni et ce jusqu’au 31 décembre 2019.
La décision d’un accord pour le Brexit ayant été repoussée à l’automne, cette réglementation n’est pas entrée en vigueur actuellement.
Elle montre en tous les cas la volonté des états concernés à mettre en place des mesures destinées à ce que les entreprises directement concernées aient le temps de réfléchir à de nouvelles dispositions et puissent les appliquer.

 

Les transports ferroviaires et aériens

 

L’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’UE touchera également le transport aérien. Les compagnies aériennes anglaises n’auront en effet plus le droit de voler sans autorisation sur le territoire européen. Le Royaume-Uni ne sera également plus couvert par l’accord de ciel ouvert passé entre l’UE et les Etats-Unis. Cet accord permet entres autres d’effectuer des vols depuis n’importe quel aéroport de l’Union européenne vers les Etats Unis et réciproquement, sans aucune restriction sur le nombre, ni les appareils utilisés.
Concernant le transport ferroviaire, le « no deal » pourrait entrainer l’installation de nouveaux points de contrôle aux abords de l’Eurostar et ainsi augmenter le temps d’attente.

 

Le marché du travail dans le transport et la logistique

 

Au vu de la reprogrammation de la décision d’un accord, le marché du travail concernant les secteurs du transport et de la logistique ne devrait pas être touché à très court terme. Toutefois les entreprises vont devoir penser à la réorganisation potentielle de leurs flux dans le cas d’un « no deal ». Leurs imports et leurs exports devront en effet peut-être être revus puis redirigés vers d’autres zones géographiques plus attractives en termes de coûts d’affrètement notamment. De nouveaux marchés vont alors peut-être apparaitre pour les entreprises françaises qui deviendraient plus compétitives que celles du Royaume-Uni. Leurs chaines logistiques devront dans cette hypothèse être repensées et être tournées vers de nouveaux pays. Des postes de travail liés à la logistique internationale vont peut-être alors être à pourvoir dans les entreprises souhaitant revoir leur chaine de distribution ou d’approvisionnement. Les sociétés de transports vont également peut être devoir étudier de nouveaux trajets pour répondre aux nouvelles demandes des entreprises et recruter de nouveaux transporteurs ou logisticiens.

 

Pour conclure

 

Etant donné que la décision du Brexit a été reportée, il est difficile de définir à l’heure actuelle les perturbations et les changements à venir sur le recrutement de personnes dans les domaines du transport et de la logistique.
Sachez toutefois que ADEIS RH, cabinet RH spécialiste des questions de logistique et transport saura vous accompagner dans vos nouvelles stratégies de recrutement ou de réaffectation de ressources humaines.

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